6o TRAITS CHOISI j rébelles par la voie de la persuasion. Il ne leur parla pas en souverain offensé et irrité, mais en médiateur, en ami. Il leur observa avec beaucoup de bonté qu’il commettrait une injustice, si, sans jugement préalable , il satisfaisait a leur demande ; qu’il était également le père des accusateurs et des accusés ; et que jusqu’à ce que le jugement fut prononcé, l'un et l’autre avaient les mêmes droits à sa protection et a sa bienveillance. Le prince leur donna de plus l’assurance qu’il examinerait soigneusement toutes les plaintes, qu’il punirait rigoureusement les coupables , et rendrait à chacun la justice qui lui était diie. Il leur présenta en même temps sa femme et son fils , et les prit pour témoins de sa promesse. Les factieux crurent qu’un devait les craindre puisqu’on les ménageait ; ils ne répondirent à ce discours qu'en redoublant leurs cris de révolte. Alors le monarque s'apercevant que la force seule pouvait rétablir le calme, fit avancer les strélits ; ils se jetèrent sur cette populace mal armée , et un grand nombre paya de la vie une résistance aussi inutile que coupable. A peine cette multitude était-elle dissipée, cpie trois mille autres arrivèrent de la capitale; mais ayant appris le sort de leurs frères , iis mirent bas les armes , et regardèrent comme une grâce d’être exilés en Sibérie. Les troubles appaisés , Alexis crut pourtant de son devoir de réformer les abus , et de soulager le sort de la dernière elasse du peuple. i
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