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D£ L’HISTOIRE DE RUSSIE. 4 9 Dmitri , et les habitans résolurent de le mettre en possession de Rostof. Fédor Romanof , condamné par Boris à l’état monastique sous le nom de Philarète , avait, été fait métropolite de ce diocèse. En vain on le pressa de chercher sa sûreté dans la fuite. L'archevêque se crut obligé de donner à ses compatriotes l’exemple de se sacrifier pour la patrie. Il les exhorta à rester fidèles à leur devoir. A l’approche de l’ennemi , Philarète se revêtit des habits sacerdotaux , entra dans la cathédrale ; et après avoir donné la communion au peuple , il resta en prière devant l’autel. Les rebelles entrant dans la ville, s’y livrèrent au pillage et au massacre ; brisant ensuite les portes de l’église, ils y continuèrent le carnage. Ce digne ecclésiastique redoubla d’assurance , à mesure que le danger augmentait ; il exhortait les bourreaux à rentrer dans l’obéissance. Sa voix ne servit qu’à diriger leur fureur. Saisi, frappé, dépouillé de ses ornemens, il succomba à la force , sans que sa fermeté en ait été un instant ralentie. XXXIII. Réponse courageuse du meme. La Russie, dans l’interrègne qui suivit la mort de Chouiski, fallit être en proie à toutes les horreurs des guerres civile et étrangère; de nombreux prétendans à la couronne la mirent à deux doigts de sa perte, et l’exposèrent à un démembrement total. La plupart des boyars, ainsi que les habitans de Moskou, pour détourner de leur pays ces derniers malheurs, convinrent d’élire pour

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