DE L’HISTOIRE DE RUSSIE. io,5 chez lui, elle ne le trouva pas au logis, S’adressant alors au domestique , je reviendrai demain ; dites à votre maître que sa mère est venue, et que j’ai fait le voyage de Bornholm dans la seule intention de l’embrasser. Bonn apprenant la visite de la veuve , s’en irrita beaucoup ; déclara que, sa mère étant morte depuis plusieurs années, la personne qui s’annonçait sons ce nom , devait être une folle on une femme dans le besoin, et qui se faisait passer pour telle par intérêt. La veuve revenant le lendemain , reçut de l’aide-de-camp du général dix ducats, avec l’ordre de ne plus se montrer. Elle jeta l'argent aux pieds de l’officier. Je ne suis pas venue , répondit-elle, les yeux remplis de larmes, demander l’aumône , mais pour voir mon enfant ; peut-il méconnaître les droits de la nature et mépriser sa mère, s’il en est ainsi , je ne veux plus en entendre parler. Ce procédé se répandit bientôt dans la ville. L’impératrice même l’apprit : elle envoya chercher la femme , qui lui prouva qu’elle était vraiment la mère de cet homme dénaturé. Bohn fut appelé ; la princesse lui reprocha vivement sa conduite, et le força de lui assigner une pension annuelle de deux cents roubles. Cet éclat le combla de honte, et le fit mépriser pour toujours. LXXXI. ' / Noble aveu Pierre I, s’abandonna quelquefois à toute la fougue de ses passions, et dans ces momens, 14
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