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98 TRAITS CHOISIS LXXV. Surprise agréable. Rien ne touche l’âme plus sensiblement que les exemples de bonheur conjugal , d’amour filial, d’attachement de domestiques envers leurs maîtres. On a dit, on a écrit, et on a fini par croire que les vertus sociales, que les jouissances privées qui rendent la vie si chère, ne se rencontrent point dans l’enceinte des cours (S4). Mais sans doute on a outrepassé les bornes en parlant de la gêne continuelle où l’on assure que vivent les princes. Ces peintures exagérées ressemblent aux relations de quelques voyageurs qui, dans leurs observations sur les costumes d’un (34J En parcourant à Saint-Pétersbourg les salles de l’her- mitage impérial, bâtiment qui communique par une galerie au palais où l’on a accumulé les chefs-d’œuvre de toutes les parties du monde que la nature et l’art puissent offrir, où l'on a réuni des tableaux des premiers maîtres, des collections de pierres gtave’es, des morceaux où la beauté du travail surpasse encore la valeur des bijoux qui y sont prodigués , ou arrive enfin dans un appartement renfermant les portraits des membres de la famille impériale , dessinés au crayon par leur auguste mère. Ici s’arrête avec plaisir l'œil ébloui de l’éclat de tant de pierreries. L’àme s’abandonne aux pins agréables sensations, en pensant que les premières personnes de l’empire goûtent et recherchent les charmes les plus purs de la vie, qu’elles pre’fèrent ces douces jouissances à la pompe imposante du trône. À côte’ de celte réunion intéressante se trouvent dans un même cadre des dessins de boutons, que la souveraine, e'tant grande ducbesse, présenta à l'impératrice défunte , qui commencent par ces mots : ces boutons sont ojj'erts a la plus tondre des mères,

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