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( 56 ) lence , ou traverser le Tanaro , pour se réunir avec Souvoroff; mais , même en prenant ce dernier parti , pouvait il croire que les Français le laisseraient tranquillement a leur barbe passer le Tanaro , qui n’est rien moins que guéable en cet endroit. S'il n’y avait déjà véritablement aucun moyen d’effectuer le passage à Cambio , ce dont je doute fort, n’aurait-on pas agi bien plus sagement , en descendant jusqu’au pont de pontons établi à Mezzano-Corte. Si l’officier envoyé par Souvoroff n’avait arrêté très-heureusement le passage du gros du corps , il aurait été très-certainement mis en déroute par l’ennemi, qui pouvait l’accabler par la masse de son armée, et alors la perte des Russes aurait été excessive. Ainsi Rosenberg exposa son corps à une ruine complette , sans pouvoir raisonnablement espérer de remporter le moindre avantage. Les Français manœuvrèrent avec beaucoup d’adresse , en ne s'opposant pas au passage de Czubaroff, et en effet rien ne pouvait leur être plus avantageux : par-là ils engagèrent Rosenberg à marcher imprudemment en avant, sans penser aux difficultés de la retraite. Mais il me semble que les ennemis n’ont pas assez vigoureusement poursuivi les Russes ; quelque grande que fut la bravoure de ces derniers , je pense qu’on aurait

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