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DE L’HISTOIRE DE RUSSIE. 63 fit distribuer du pain et de l’argent; il fît bâtir à Novgorod quatre hôpitaux , un pour les infirmes, un autre pour les veuves, les orphelins et les gens qui n’avaient pas de quoi subsister. Malgré tant de libéralités, lorsque Nicon tâcha d’appaiser l’émeute arrivée en 1650 , et s’employait spécialement à sauver les victimes de la fureur des séditieux , la populace s’oublia à un tel point, qu’elle tomba sur lui a coups de pierres , le traîna par terre , et l’eût fait périr sur le cliarnp, sans le zèle et le secours de quelques bons ciloyens. Soustrait à la multitude , on le transporta chez lui; mais l’archevêque , tout faible qu’il était, ne voulut pas prendre de repos , qu’il n’ait rétabli la tranquillité. — Après s’être confessé et avoir communié , il alla droit à la maison-de-ville où étaient les révoltés. « Vous savez , mes enfans , leur dit-il , que je vous ai toujours prêché la vérité ; je le fais autant plus volontiers à présent , que je me suis préparé et résigné à la mort; dans mes prières j’ai imploré Dieu pour le salut de vos âmes ; je viens exprès ici pour me montrer à vous : si vous avez à rue reprocher d’avoir commis quelque faille ou quelque désobéissance contre le souverain ou contre l’état, je vous prie de me le dire et de me punir, si vous le jugez à propos; mais finissez par-ia vos désordres, et laissez examiner vos plaintes par le gouvernement qui vous a été donné par Dieu lui-même. » Ce peu de paroles firent une telle impression sur l’esprit des conjurés, que, quelques minutes après, il n’en resta pas un seul dans les rues.

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