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JDE L’HISTOIRE DE RUSSIE. 55 richesse, et de gradeur, leur sacrifier quelquefois la santé et le vrai bonheur de leurs enfans , en croyant assurer pour toujours la fortune et le bien-être de leur postérité ; mais l’illusion cesse, et leur sollicitude n'a souvent fait que des êtres ingrats ou des infortunés. Les lumières et la philosophie du siècle dernier ont dû sans doute détruire un pareil préjugé. Cependant a peine ti ouvera-t-on dans les annales d’aucun peuple un fait semblable à celui que nous allons raconter. L'intérêt augmente , si l’on pense que la mère qui s’opposait si fortement a l'élévation de son enfant, vivait au commencement du dix-septième siècle, dans un pays que l’orgueil autant que l’ignorance des Européens avoient compris sous le nom de régions barbares. Pendant l’interrègne qui suivit la mort du dernier Tzar, les opinions se trouvant partagées à l’égard des différêos prétendons à la couronne, la noblesse convint de placer sur le trône un proche parent du côté maternel du Tzar Fédor îvanovitch. On invita donc le jeune Michel Ro- nianof et sa mère à venir à Moskou ; mais tous les deux s’y refusèrent. La mère alla même plus loin , elle écrivit à son frère Chérémétef pour le prier de s’opposer à ce que son neveu fût chargé d’un tel fardeau ; elle lui mandait que son extrême jeunesse le rendait incapable de gouverner un empire aussi étendu, n’ayant d’ailleurs auprès de lui aucun parent qui pût l’aider de ses lumières; qu’un jour on reconnaîtrait, mais peut-être trop tard , que ces observations étaient fondées. Cependant l'élection se fit ; mais lorsque les députés vinrent à Kostroma pour annoncer an nouveau

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