DE L’HISTOIRE DE RUSSIE. 47 l’inonder, et de noyer les habitans s’ils ne consentaient pas à se rendre. On rit d’abord de la proposition ; mais, sur de son fait, et peu sensible à la dérision des ignorans , il insista , se fit écouter , et obtint enfin la permission d’exécuter son projet. Une petite rivière traversait la ville assiégée : Soumin lit donner l’ordre aux soldats de remplir de terre de grands sacs, et de les jeter dans le fleuve , près de l’endroit où il sort de la place. L’entreprise était longue et ne produisait pas tout l’effet qu’on désirait. Cependant on conçut quelcptes espérances , et l’on appela des ouvriers habiles dans l’art de construire des digues. Ce travail avança rapidement; la rivière, sortie de son lit, commença à se répandre dans la ville, et les assiégés épouvantés ne songèrent j»!us qu’à mérirer leur grâce par une prompte soumission. Ils livrèrent le chef et ses complices , ne demandant d’autres articles de capitulation que leur pardon. Chouiski accorda la grâce à une multitude égarée, et Soumin eut la satisfaction de sauver la vie à des milliers de personnes , et d'avoir rendu à sa patrie un service essentiel. XXXI. Intrépidité des soldats russes. La Pologne ne protégeait pas toujours ouvertement les factieux , mais elle engageait des particuliers à les soutenir. Un d’eux, nommé Lisovski, vint avec sa troupe offrir ses services à un autre faux Dmitri, et lui conseilla en même temps de profiter de la sécurité ou
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