b000002737

DE L’HISTOIRE DE RUSSIE. 4* l’étiquette du temps, ainsi qu’aux prérogatives de sa place , il resta couvert à la première audience. Quelqn’on lui représenta le danger d’une telle conduite , et les suites du malheur qu’il risquait de. s’attirer. Je ne l’ignore pas , dit-il, mais je suis ambassadeur d’une reine qui saura se venger si l’on offense son ministre. Le prince , bien loin d'être irrité d’une telle déclaration , le présenta à l’assemblée, et engagea les boyars à imiter son exemple. « Voici, leur dit-il, un brave homme, qui a le courage de soutenir dignement l’honneur de sa souveraine. Qui d’entre vous en ferait autant pour moi ? » v XXVII. Idée du même Tzar sur les bornes du pouvoir ecclésiastique. Ivan se voyant attaqué à-la-fois par les rois de Suède et de Pologne , qui s’étaient ligués contre lui, réclama la médiation du Pape, pour rétablir la paix. Grégoire XIII se prêta volontiers aux désirs que lui témoigna le Tzar d’essayer une réconciliation. Il confia une mission aussi intéressante , que digne de l’intercession du chef suprême de l’église, au célèbre Antoine Possevin , qui fut reçu par Ivan avec les honneurs qu’on accorde aux souverains. Il daigna se rendre luiétablit aussi une imprimerie pour faciliter à ses sujets la lecture de la Bible. On fit à ses frais une édition des Actes des Apôtres et de leurs Epîtres , qui parût au mois de Mars 1563. Le Tzar Ivan mourut en 1584 >après un règne de cinquante ans , dans la cinquante-quatrième de son âge.

RkJQdWJsaXNoZXIy NTc0NDU4