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UK l ’ h i s t o i r e DE RUSSIE. 2g en danger, il demanda la tonsure; mais un moine nommé Siméon, rappela le souverain à ses devoirs. « C’est Dieu lui-même, dit-il à Roslislaf, qui vous a fait prince ; c’est lui qui a voulu vous établir pour rendre la justice à vos sujets , les gouverner , les conduire, pour mener une vie utile et active, et non pour vous renfermer dans la solitude d’un cloître. Sera-ce donc en vous une vertu , que de résisier aux desseins de Dieu , de vous soustraire aux obligations qu'il vous impose , de manquer à ce que vous devez aux hommes qu’il vous a confiés ? » On voit ici un simple ecclésiastique , né probablement dans une condition obscure , tenir un discours qui aurait peut-être illustré un homme d’état, tant le succès dépend de la situation où le hasard l’a placé. En effet, les raisons que ce respectable religieux fit valoir, tiennent autant à la politique qu’à la religion et à l’amour de la patrie ; il voulut conserver à la sienne un bon prince , dont le règne rendit le peuple heureux, en sacrifiant l’intérêt de son ordre au bonheur public , chose rare dans un moine de ce temps- là. An reste, l’esprit de corps qui leur fut si avantageux dans le moyen âge , pour acquérir de grandes richesses, ne leur serait pas devenu si nuisible dans la suite, s’ils eussent tous fait preuve du même désintéressement.

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