DE L'HISTOIRE DE RUSSIE. 9 « alliés craignant les Grecs ne nous envoient au- « cun secours; allons donc combattre en braves c gens; nous ne voulons pas déshonorer notre « patrie, et être méprisés par des peuples qui « tremblent encore devant nous ; si nous avons « moins de bonheur que de courage, il faul du « moins savoir mourir. Je vais combattre devant Kvous; si je péris, vous serez maîtres de fuir ou « de vous rendre, mais tant que je vivrai, je vous « donnerai l’exemple du courage. » Ces paroles animèrent l’armée à un tel point , que les guerriers s’écrièrent, d’une voix unanime : « Avec vous nous voulons vaincre ou mourir. » Le lendemain les soldats suivirent leur prince avec empressement, et bientôt l’ennemi fut obligé d’abandonner la ville et de lever le siège. VI. Juste punition d’un traître. Vladimir, dans la guerre qu’il eut avec son frère JaropoJk, devoit une partie de ses succès à l'infâme Bioud, Vœvode et confident de ce dernier. Quoique comblé des bienfaits de Jaropoîk, Bioud profita de sa confiance pour le trahir; et entièrement vendu a Vladimir, il endormoit son prince dans une profonde sécurité. L’ennemi marchoit sur Kief; mais le ministre n’avait rien préparé pour s'opposer à ses attaques, et défendre la capitale. Cependant la ville, forte par elle-même et par le courage des habitans, ht une longue résistance; alors le favori parvint à les rendre suspects à son souverain, et lui persuada de prendre 3
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