2, TRAITS CHOISIS Mais les dissentions des habitans les rendirent tributaires à leur tour ; ils ne supportèrent qu’in- volontairernent le joug , le secouèrent pour se déchirer par des guerres civiles, qui traînent à leur suite les violences , les meurtres e-t tous les maux de l’anarchie ; las de ces troubles , ils se rendirent enfin aux exhortations du Gostomysle (*) , homme aussi sage que considéré par ses vertus. Ils convinrent de se donner pour maîtres Rurik et ses frères (3). « Notre patrie est vaste, dirent les députés , envoyés aux princes pour leur rendre hommage et leur offrir la souveraineté ; elle jouit en abondance de tout ce qui est nécessaire à la vie ; mais il nous faut des tribunaux pour rendre la justice, et nous les attendons de vous.» Les souverains de Russie , qui connaissaient (2) C’était le premier magistrat de l'État ; sa place répondait à la dignité du gonfalonier des républiques d’Italie. (3) Ces trois frères s’appelaient Rurik, Sinaf et Trouvor. Par la mort des deux derniers, qui ne .laissèrent point de postérité , Rurik recueillit leur succession. C’est de ce prince que descendent plusieurs maisons en Russie, et c’est par lui que commence la suite des souverains de cet Empire , dès l’an 862. Après avoir vaincu les Novgorodiens qui s’e*- taient soulevés malgré leur libre soumission , il fixa sa re’si- dence à Novgorod, qu’il fortifia , et prit d’autres mesures pour la sûreté de ses Etats. Rurik gouverna ensuite en paix, et mourut l’an 879 * après un règne de dlx-sept ans , laissant en bas âge un fils nomme' Igor. Oleg , parent du jeune Prince , prit les rênes du gouvernement, son administration dura trente-trois ans , jusqu’à l’an 914 >ce prince poussa ses courses jusqu’à Constantinople, et força l’ empereur grec Le'on d’acheter la paix, au prix qu’onlui voulut imposer. Oleg conclut encore, en g 12 , avec le souverain de Constantinople , un traité de commerce, dont les articles se sont conservés jusqu’à nos jours.
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