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i54 TRAITS CHOISIS lage de mille paysans , qui n’était séparé de la ville que par le pont du fleuve, dont cet endroit porte le nom. La communication de cette rivière avec fl.Okka, fit naître au propuétaire l’idée de faire venir plusieurs drogues, épiceries, vin et autres productions étrangères ; pour le compte de ceux de ses serfs qui voulaient bien y risquer leur petite fortune. De bonnes marchandises, des prix raisonnables, favorisèrent le débit, les paysans acquirent une aisance honnête , et payant exactement ceux dont ils tiraient leurs denrées., ils obtinrent de la confiance et du crédit. Le seigneur se réjouissait de leur bonheur; malgré cela . il se vit pourtant forcé, quelques années plus tard, ayant des dettes considérables, de penser aux moyens de les acquitter, et il n’en trouva point d’autres que dans l’aliénation de cette îorre. H était déjà sur te point de conclure le marché , lorsque ses fldèles vasseaux en furent instruits. La crainte de perdre un aussi bon maître et les désirs de la reconnaissance , les engagèrent à lui députer quelques membres de leur communauté. Ces braves cultivateurs lui demandèrent, dans leur langage simple, mais qui parle au coeur, s’il était vrai cpt’il voulait les abandonner, les vendre à un étranger et ne plus être leur père. En même temps ils déclarèrent que , lui étant redevables de leur prospérité, ils desiraient lui en témoigner leur gratitude. Le comte ne leur dissimula pas que l’embarras où il se trouvait était l’unique raison qui le forçait à aliéner le village qui lui rapportait le plus. Les paysans ayant appris que ses dettes montaient à cinquante mille roubles, le prièrent de re-

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