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DE L'HISTOIRE ï)E RUSSIE. l 5 3 CXXXII. Le digne ecclesiastique La peste s’étant manifestée, en 1770, à Mos- kou , y causa de grands ravages. Le bruir ayant couru que ce malheur venait de ce qu’on avait négligé le culte de la sainte Vierge , le peuple se rendit en foule devant son image, et entreprit même des pélérinages solennels ; ce qui contribua à répandre davantage la contagion. L’archevêque Ambroise , homme sage et éclairé , voulut éloigner cet objet d’une aveugle vénération. La multitude criant au sacrilège, ne se borna pas à s'opposer à l’enlèvement , elle sévit encore contre le prélat , le traitant d’hérétique, ef tâcha de s’emparer de lui. Le lendemain . les factieux découvrirent sa retraite. Pendant qu’il célébrait la messe, ils l’arrachèrent de l’autel ; et après l’avoir maltraité, ils finirent par l’assommer. Le métropolite mourut avec la tranquillité d’un vrai chrétien , et d’un patriote qui se voue à la cause publique. uniquement occupé du bien général ; ses dernières paroles furent : «O! mon Dieu, permets que ma mort appaise la révolte!» * CXXXIII. Témoignage de reconnaissance. Un seigneur russe aimait ses paysans comme ses propres enfans. Ayant fréquenté tous les pays de l’Europe , il n'ignorait pas les grands avantages qu’on peut tirer du commerce. Entre plusieurs terres, il possédait aussi, près d’Arsamas , un vil— 20

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