DE L'HISTOIRE DE RUSSIE. 147 lisabeth. L’impératrice se sentit touchée jusqu’au, fond de l’âme, et elle répondit avec cette bonté qui lui étoit naturelle : Qu’elle savait l’étroite liaison qu’il y avait entre les enfans et leurs père et mère; que cette raison là portait à souhaiter de pouvoir faire quelque chose en faveur du détenu; mais que le crime de trahison ne pouvait ni ne devait rester impuni. CXXIV. Magnanimité de Munich, Le commandant de la place oit Munich fut relégué, tâcha, malgré les ordres rigoureux qu’il avait reçus, d’adoucir son sort autant que possible. Il accorda à l’exilé une écritoire et un étui de mathématiques; il lui permit d’ailleurs d’entretenir quelques relations avec les habitans du pays. Le gouverneur croyait de plus pouvoir permettre quelque adoucissement à son ancien général,parce qu’il était sur, en raison de l’éloignement de la capitale, de ne pas être dénoncé ; mais un officier passant sur cette route, et s’étant arrêté quelques jours dans la place, s’aperçut de ce relâchement à l’égard du feld-maréchal, et ne manqua pas d’en, faire le rapport à son retour à Saint-Pétersbourg. lien résulta que, non-seulement le commandant perdit sa place avec risque d’être puni, mais qu’aussi la situation de Munich devint plus dure. Etant enfin rappelé et réintégré dans ses anciennes charges, i oflicier qui avait trahi son ami, s’empressa de se jeter aux pieds du comte, pour solliciter son indulgence. «Allez, lui dit le vénérable vieillard, si mon cœur ressemblait au
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