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DE L HISTOIRE DE RUSSIE. 135 pagnie , se levât à son passage , comme l’exigeait, le respect ; elle avait si peu de fierté que , trouvant la société occupée à broder, elle'se mettait souvent elle-même au métier, et y travaillait ; elle aimait beaucoup les conversations familières et enjouées. La femme du ministre de l’Angleterre raconte , dans une de ses lettres , que l’impératrice lui avait fait dans de tels entretiens plusieurs questions concernant sa patrie, et en particulier sur la reine , assurant qu’elle souhaitait vivement la connaître , et que pour la voir , volontiers elle ferait la moitié du chemin. La princesse lui corrigeait , avec beaucoup de bonté , les expressions peu convenable à la langue russe , et l’aidait souvent lorsqu’elle se trouvait embarrassée. L’Anglaise finit sa lettre par dire, qu'elle avait été aussi étonnée que satisfaite de voir tant de douceur et d’humanité réunies dans la personne d’une souveraine, qui exerçait sur ses sujets une autorité absolue. cxv. Bon office inattendu. ' . * Le comte Jaguchinski ; ministre du cabinet auprès de cette même princesse , fut prié , par une dame chez laquelle il dînait, de s'intéresser pour un homme qui avait été disgracié et mis en prison. Le ministre le promit. « Je prendrai soin de lui , assura-t-il ; mais je ne puis pas le faire dans ce moment-ci. » Trois mois s’élaient passés , et la femme de l’ambassadeur épiait l'occasion de lui rappeler son engagement, lorsqu'à l’anniversaire de la souveraine , il lui apporta lui-même la non-

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