DE L’HISTOIRE DE RUSSIE. I II parcourant, il y trouva ce passage : L’exposant, y était-il dit, avait si bien appris l’art de forger des ancres , qu’il les fabriquait avec la même perfection cpie son maître, et saurait , comme lui, former des ouvriers aussi habiles, de manière que Sa Majesté pourrait le congédier , et épargner des appointemens considérables. Le prince indigné de cette ingratitude, lui jeta son placet an visage : fi, misérable , est-ce le remerciaient que tu dois à ton bravé maître , qui t;’a non-seulement bien instruit, mais encore t’a recommandé très-instamment, et m’a prié d’augmenter ton salaire; jamais je ne lui ferai donner sa démission ni diminuer son traitement, pourvu qu’il veuille bien rester à mon service. Quant à toi, mauvais sujet, je ne doublerai pas sitôt tes gages. II lit ensuite punir l’ingrat en présence de ses camarades, et l’exila fort loin pour travailler dans une autre forge. LXXXIX. Conseil de Pierre-le-Grand. Un étranger, général au service de Russie, voulut calmer l’empereur à cause d’une défaite qu'une partie de ses troupes avait essuyée, en s’engageant à prendre la revanche avec son régiment et à venger l’échec. Ne soyez pas trop hardi, reprit le prince, tant que vos ennemis sont loin, vous devez vous imaginer qu’ils sont des éléphans ; mais aussitôt que vous en venez aux mains , figurez-vous de ne voir que des faibles mouches. Rappelez - vous de la fable \
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