LXXXIV. Sobriété de Pierre 1. La pompe, les honneurs avec lesquelles ce prince fut accueilli partout dans son second voyage , et particulièrement en France , le contraignirent infiniment, et lui enlevèrent beaucoup de temps , qu’il voulait employer à s'instruire , et à acquérir des connaissances utiles pour bien administrer son empire ; aussi traversa- t-il sans s’arrêter , où évita-t-il entièrement les villes où des fêtes l’attendaient. Passant par Beauvais , l’évêque avait disposé une magnifique réception ; mais l’empereur ne voulant pas rester, il tâcha de le retenir, en lui observant qu’il ne serait pas bien traité ailleurs , faute de préparatifs faits pour le recevoir : « Je suis soldat, reprit- il, que je trouve du pain et de la bière, je serai content. » LXXXV. Son estime pour les grands talens. Pierre-le-Grand, pendant son séjour à Paris, alla voir la Sorbonne. Voyant le monument érigé au cardinal Richelieu, il embrassa la statue, et s’écria, transporté d’admiration : Grand homme, je t’aurais cédé la moité de mon empire pour m’apprendre à gouverner dignement l’autre.
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