DE L’HISTOIRE DE RUSSIE. I o 3 de sa plus grande estime , et jouira , autant qu'il restera parmi nous , de mon entière bienveillance , quoiqu’il m’ait tué beaucoup de braves russes. Je vous le pardonne, et vous conserve mon affection, ajouta-t-il encore, en s’adressant à l’officier. — Tout honorablement que je rue sois conduit pour la gloire de mon roi, répondit Ehrenschild, je fis seulement mon devoir, j'ai cherché la mort sans la trouver; mais ce n’est pas une petite consolation dans mon malheur d’être prisonnier de Votre Majesté, et d’être traité si gracieusement par un aussi grand officier de marine, actuellement déclaré vice amiral.— Parmi les récompenses qui furent accordées aux vainqueurs, on venait de conférer cette charge au souverain. LXXIX. Eloquence du Tzar. L’empereur se trouvant sur le chantier au moment où on lançait un bâtiment de guerre , tint ce discours : «Qui de vous, mes frères, se serait imaginé, il y a trente ans, que vous construiriez un jour avec moi des vaisseaux sur la mer Baltique dans cette province, conquise par notre valeur et nos exploits une ville serait fondée par nous, et que la Russie produirait tant de vaillans guerriers, tant de marins aussi habiles? Eussiez- vous bien prévu que tant de gens instruits, tant d’artistes distingués, tant d’ouvriers industrieux, viendraient des différens pays de l’Europe, pour faire fleurir les arts dans notre patrie; que nous
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