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DE L HISTOIRE DE RUSSIE. 83 encore se trouva-t-on obligé d’abandonner huit cents hommes qui périrent ou restèrent prisonniers. Il résulta de cet heureux stratagème cp.ie l’invasion de l'ennemi bien loin de lui être avantageuse , lui devint meme funeste. LXI. Vrai devoir d’un ministre. Pierre-le-Grand avait un jour signé un oukas au sénat, par lequel on enjoignait aux propriétaires de Pétersbourg et de Novgorod d’envoyer leurs paysans creuser le canal de Ladoga, quoique depuis plusieurs années cette province eût déjà fou rni beaucoup d’hommes pour ces travaux. Dol- gorouki se trouva au sénat le lendemain du jour où cet ordre fut donné, d’autres affaires importantes l’ayant empêché de s’y rendre la veille. On lui présenta l’oukas pour le signer. Après l’avoir lu , il s’y refusa, en disant: que c’était ruiner deux gouvernemens qui n’avaient déjà que trop souffert, et demanda qu’il fut fait des remontrances au Tzar: on lui observa qu’il était trop tard; que déjà le monarque lui-même avait signé. Pour toute réponse, il déchira la feuille au grand étonnement de l’assemblée. Tout le monde est encore consterné de sa témérité, lorsque l’empereur parait. Le procureur-général, charge qui répond au ministre de la justice, lui apprend, en tremblant, l’audace du sénateur. Le souverain ne fut pas maître de cacher un premier mouvement de colère. Se tournant vers lui : qui t’a porté à une telle action ? ne sais-tu pas qu’elle doit te

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