DE L'HISTOIRE DE RUSSIE. 79 voulait bien honnorer de cette distinction ? Vous, mes généraux. — Alors votre majesté impériale se conduisit avec ingratitude , répondit-il, puisque vous avez maltraité si rudement vos maîtres. Celte tournure délicate plut au prince à un tel point , qu’il leur fit rendre à l'instant leurs épées. LIX. Les préjuges respectés. Mitrophan, évêque de Voronetsch, était un des ecclésiastiques les plus considérés en Russie et le plus digne de l’être. Son humanité , son désintéressement, ses mœurs simples , lui avaient gagné la bienveillance du Tzar. Pierre ï lit construire à Voronetsch une flotille qu’il regardait comme très-importante dans ses guerres contre les Turcs , et particulièrement devant servir à la conquête d’Asof. Le prélat également dévoué à sa patrie et au monarque, applaudit à ces travaux; et pour subvenir à la dépense , il exhorta ses paroissiens à concourir, suivant leurs facultés , aux vues du souverain. Apprenant un jour que le manque de fonds occasionnait un relâchement dans les constructions, il apporta lui-même une somme de six mille roubles en kopeks d'argent, qu’il avait économisée. Il dit, en les offrant à l’empereur : il est de notre devoir de venir au secours de l’état , sinon par nos personnes , au moins par nos épargnes ; acceptez donc, Sire, ce présent, et employez-les à vos entreprises contre les infidèles. On s’imagine bien quelle impression dût produire sur le prince cette marque de dévouement. Dans la suite ,
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