DE L'HISTOIRE DE RUSSIE. X. Refus de Boris d’accepter la souveraineté. De tous les enfans de Vladimir, c’était Boris qu’il chérissait le plus ; dans la distribution de ses états, il lui avoit donné la principauté de Rostof; et l’avoit désigné pour son successeur au trône principal de Russie. Sa mort subite prévint l’exécution de ce projet. Boris revenait d’une expédition contre les Petchénègues, lorsqu’il apprit la mort de son père. Ses troupes lui offrirent, avec les plus vives instances, de le placer sur le trône de Kief. Ce prince aussi vertueux que brave, refusa constamment leurs propositions; il pressentit le malheur auquel seroir exposée sa patrie, si des guerres civiles et. des dissensions de famille venaient la troubler; il ne voulut pas frustrer so/i frère aîné de la succession, et il crut de son devoir de respecter des droits aussi sacrés. Ce n’était pas seulement à ces troupes que ce prince était cher. Les généraux de l’armée de Vladimir ne desiraient pas moins vivement que la couronne passât sur sa tête; et pour lui donner le temps de mettre à profit les circonstances, ils tâchèrent de tenir secrète la mort du souverain , en conjurant Boris de se rendre à leurs voeux, ü opposa la même résistance à leurs sollicitations, et rien ne pou voit le déterminer à se prêter à leurs vues. L’homme le plus digne du diadème, et qui avait fait en faveur de son frère tant de sacrifices, paya de sa vie un si beau désintéressement.
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