CXLX. ha veuve console'e. Quelques jours avant l’ouverture de la nouvelle école de Toula, une femme mal mise , avec deux erifans dans un habillement qui annonçait l’indigence , se jeta aux pieds du gouverneur , et lui présenta un papier. «Voici, dit- elle en sanglotant , le diplôme de noblesse de mon mari , mort de chagrin et de misère ; recevez mes enfans. L’empereur est juste, vous avez le cœur bon , ayez pitié de ces pauvres orphelins; je mourrai trancpiille , pourvu que je les sache placés à la nouvelle école. » Les enfans élevèrent, en suppliant , les yeux sur le magistrat , que cette scène toucha extrêmement. II releva la mère, la plaça à côté de lui , embrassa ses fds , en les nommant élèves d'Alexandre, et leur fit donner Funiforme de l’institut. La reconnaissance de la veuve n’eut point de bornes ; elle ne pouvait trouver de mots pour exprimer ses sentimens. Plusieurs cadets de cet établissement étant présens , regardaient d’abord avec indifférence leurs nouveaux camarades ; cependant dès qu’ils apprirent qu’ils étaient aussi bons gentilhommes qu’eux, mais pauvres et infortunés , ils coururent les embrasser, et leur prodiguer toute sorte de caresses ; chacun voulut partager avec eux sa gar- derobe et son linge. Les témoins de cette scène en furent attendris jusqu’aux larmes , et tous s’empressèrent de donner à celle mère désolée des marques d’intérêt et de sensibilité.
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