b000002737

'DE L’HISTOIRE DE RUSSIE, I /R) Emma essaya , mais en vain , de lui prouver qu’il avait été réduit à la nécessité d’en agir ainsi. A présent que tu es une fois en Sibérie , lui demanda -t-il ensuite , que prétends-tu faire ici? -— Belle question ! Vous servir. — Je te remercie de ta bonne volonté et de tes peines ; mais , mon ami, je n’ai que tant pour ma dépense journalière. — Ne vous inquiétez pas là-dessus , je ne suis pas venu sans argent , et il est à votre service , si vous en avez besoin ; soyez bien assuré cpie vous ne resterez pas longtemps dans une situation aussi cruelle ; on vous rappellera sous peu. Quelque temps après , l’exilé eut besoin d’un habit ; je vous en fournirai, lui dit son domestique , ne craignez lien ; il va chercher le tailleur, le paie , assure son maître que , s’il voulait passer un contrat avec lui , il. ne manquerait ni d’habillement ni de nourriture. — Très-volon» tiers; mais quelles sont les conditions ? — Comme je suis persuadé que vous ne resterez pas longtemps ici , et que de plus , je me suis proposé de . ne jamais vous quitter , vous devez vous obliger, si vous retournez à Saint -Pétersbourg, de m’augmenter mes gages de cinquante roubles à chaque nouvel emploi que vous obtiendrez. La convention fut aussitôt acceptée, mise par écrit, etsignée des deux contractants. Quelque temps après , la caisse commune se trouva épuisée. Fédorenaver- tit le captif tout en riant ; celui-ci en fut vive» ment pénétré. Tranquillisez-vous , le jour de notre mise en liberté approche. Un mois après cet entretien , l’impératrice Elisabeth se fit présenter la liste des exilés et de tous ceux qui étaient àleur suite. Elle s’étonna beaucoup de voir condamner

RkJQdWJsaXNoZXIy NTc0NDU4