DE L’iflSTOiRE DE RUSSIE. 123 elle , et qu’elle soit désormais l’allié le plus fidèle de mon empire. CIV. \ Témérité punie. Un jeune genfilhomme fit à la grande-duchesse Anne(37), fille aînée du Tzar, une déclaration d’amour qu’elle paya de mépris. Plein d’audace encore plus cpie de désespoir, il épie le moment de la trouver seule, se jette a ses pieds, et lui présente son épée en la priant d’abréger ses (37 ) Anne Pétrovna, mariée au duc de Holstein, et mère de Pierre III , ressemblait beaucoup à son père Je visage , et même d'humeur ; elle était d’une taille au-dessus de la moyenne , svelte et bien proportionnée , un port majestueux , des cheveux et des sourcils noirs , un teint d une blancheur éblouissante , et animé par l’incarriat de ses lèvres et de ses joues , des yeux vils , les n aits les jilus réguliers, le regard et le sourire les plus agréables, une physionomie qui retraçait la candeur et la bonté de son ame, beaucoup y de grâce, un jugement sûr et prompt, libérale, magnifique; tel est le portrait qu’on nous a laissé de ee.te grande- duchesse . Assez avantageusement douée de la nature , ou avait eu soin de faire entrer dans sou instruction toutes les connaissances qui ornent l’esprit et forment le cœur. Elle parlait le français, l'allemand, le suédois, avec autant de facilité que sa langue maternelle. Dès son enfance , on remarquait en elle une présence d’esprit et une intrépidité qui annonçaient un grand caractère. Lemonrle a été trop lot privé d’une princesse si accomplie, La duchesse de Holstein fut enlevée dans la fleur de sou âge , à son époux , à son fils et à ses sujets, parmi lesquels la famille de l’auteur se distingua , autant par de longs services que par un dévouement particulier et des «.orifices personnels.
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