AVANT-PROPOS. On entend dire tous les jours que notre siècle est absolument corrompu; que les contemporains sont entièrement dépravés; que l’égoïsme s’est emparé de tous les esprits; que la corruption a gagné tous les membres de la société. Triste réflexion pour ceux qui croient à la perfectibilité du genre humain ; qui pensent que l’expérience de tant de siècles n’est pas généralement perdue ; que la masse des lumières, plus étendue que jamais sur le globe, n’aura pas seulement contribué à nous fournir plus de connaissances, à nous procurer quelques agrémens de la vie, à répandre plus de charmes sur l’état social et domestique; mais quelle aura encore étendu la pratique de la morale, augmenté l’amour de la vertu, le désir et la noble résolution de faire le bien. L’espoir de voir s’améliorer l’espèce humaine n’est certainement pas illusoire; il repose sur la certitude la plus authentique. Les vices, dont on accuse notre siècle, ne sont que l'appanage des grandes villes, dé-
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