de l’h i s t o i r e de Ru s s i e. 9.5 et que , déplus, la lune étant ce jour-là dans son plein , on devait presser l’embarquement, avant- que le reflux eût fait baisser les eaux. Le plénipotentiaire cédant à cette représentation , on employa aussitôt toutes les chaloupes pour mettre à flot les bâtimens ; et l’adresse de Soirnonof, qui desirait causer une surprise agréable à son souverain , eut un plein succès. LXXIT. Esprit public, de Pierre I. L'empereur, après la conquête de l’Estonie et la prise de la ville de Rêvai , ordonna de réparer l’enceinte et les défenses du port, vis-à-vis duquel il fut construire un palais dans le goût italien, et planter un grand jardin de plaisance. Le Tzar, en l’honneur de son épouse, nomma ce séjour charmant Val de Catherine ( Catharinen Thaï ). Il savait bien que lui et sa famille, n’en profiteraient pas beaucoup , ne pouvant y séjourner que très-peu de temps ; mais son intention était de^ procurer au public un lieu de récréation et de réunion. Quelques années après, lorsque tout était achevé , il repassa avec l’impératrice à Réval, et alla loger au château. Surpris de ne voir personne se promener dans le parc , il en demanda la raison à une sentinelle. C’est, dit le soldat, qu’on ne laisse entrer qui que ce soit. Comment, reprit vivement le prince , quel imbécile a donné ces ordres ? Nos officiers. Quelle sottise ! ces gens-là s’imaginent-ils que j’ai fait faire cette vaste promenade a si grands frais pour moi ! Dès le lendemain on publia dans la ville, au
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