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de l’h i s t o i r e d e Ru s s t E . g 5 Le général Bauer commandait la cavalerie. Tout le corps ignoroit son origine , ainsi que le lieu de sa naissance. Il invita un certain jour a un grand repas ses officiers et quelques autres personnes de distinction. Les convives étant réunis, il en fit prier aussi un meunier et sa femme qui demeuraient dans le voisinage. Ceux-ci n’acceptèrent qu'avec beaucoup d’inquiétude, et ils furent encore plus troublés en voyant le général en chef au milieu du cercle le plus brillant. Bauer fit tout son possible pour les rassurer ; il leur dit d’abord que le motif de son invitation n’était autre chose que le plaisir de dîner avec eux, et de les entretenir. S’étant mis à table , il eut soin de les placer à ses côtés. Pendant le repas, il questionna beaucoup le meunier sur sa famille ; ceci le remit à son aise. Il raconta au général que le moulin avait appartenu à son père , auquel il avait succédé comme fils aîné ; que deux de ses frères étaient marchands , et que sa sœur était mariée à un homme de la même profession ; que quant à lui , le bon Dieu avoit béni son mariage, ayant un fils et trois filles. Vous n’étiez donc que trois frères, lui demanda alors Bauer? Nous étions quatre; mais le dernier , encore fort jeune, s’enrôla : nous n’avons jamais eu de ses nouvelles ; il faut qu’il soit mort dans quelques combats. Les convives écoutaient avec la plus grande surprise cet entretien, sans pouvoir deviner quel en serait le résultat. Bauer fit semblant de ne pas le remarquer; puis s’adressant à la compagnie: vous étiez toujours curieux , messieurs , de connaître ma naissance, et de savoir d’où je descendais; apprenez donc que je suis né dans cet endroit ;

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