DE L'HISTOIRE DE RUSSIE. 9* tinuant, il s’irrita au point de proférer des invectives contre l’empereur. Il ne s’en tint pas là ; entraîné par sa passion , il court comme un insensé, le couteau à la main , sur le portrait du Tzar qui était dans la chambre, et le perça de plusieurs coups. On l’arrêta aussitôt, et on le conduisit à Moskou pour y subir son jugement. Le chef de la chancellerie secrète, le Knâs Fédor Romodanovzki, conclut à une punition exemplaire , et se rendit auprès du monarque , auquel il rapporta l’affaire avec toute l’horreur que lui inspirait la témérité du criminel. Ne vous fâchez pas, mon cousin, répondit Pierre-le-Grand ; sa fureur ne m’a fait aucun mal ; nous devons examiner avant tout ce cpii a pu tant l’irriter pour s'être porté à un tel excès. Il se fit remettre le procès-verbal ; l’ayant lu , non-seulement il déchargea l’accusé de toute peine, mais il récompensa encore le dévouement qu’il avoit montré pour Charles X1L Le Suédois fut agréablement surpris , lorsque l’empereur lui annonça sa grâce, et le laissa maître de choisir l’endroit qui lui conviendrait le mieux pour son séjour. Il ordonna en outre de lui faire compter, pour sa subsistance , le double de ce qu’il avait reçu jusqu'alors. LXIX. Le juge conciliateur. Pierre-le-Grand surprit souvent les magistrats, par sa présence inattendue , dans les villes de l’empire. Arrivant inopinément à Olonez, il se rendit d’abord à la régence.
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