DE L'HISTOIRE DE RUSSIE. 89 établi une fabrique de soie; il allait souvent le voir, et lui faisait des propositions pour des changemens qu’il croyait avantageux ; quelquefois même il se mettait un instant au métier, et travaillait au tissu avec l’habileté d’un maître. Se trouvant un jour chez ce négociant, il lui demanda de la bière. On lui en offrit, et il la trouva si bonne , qu’il promit de venir en boire souvent : il se rendit en effet quelques jours après, aussitôt son dîner, chez Polujaroslafzof; on lui dit qu’il dormait , mais qu’on allait le réveiller. Le monarque le défendit, en ordonnant qu’on lui apporta une cruche de bière au jardin. Le fabricant s’étant levé , on l’avertit que le Tzar l’attendait ; il s’empressa d’aller le trouver, et le supplia de l’excuser de ne s’être pas présenté plus tôt. Mon ami , je ne suis pas venu pour t'incommoder; tu travailles toute la journée , dois-je me fâcher que tu te délasse de tes fatigues. LNVII. Le mérite honnoré. Pierre ï, étant à Archange!, s'aperçut que le douanier Isaief possédait des connaissances et des talens distingués dans la partie qu’il dirigeait. Il nota le nom de cet homme sur ses tablettes. Plusieurs années après se trouvant à Riga, ville conquise sur les Suédois, il pensa combien il serait important de placer un Russe honnête et instruit à la tête de perception des droits de la couronne. Se rappelant d’Isaief, il le fit venir, et il le chargea de la direction de la douane. Outre 12
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