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TRAITS CHOISIS 86 avec toute l’armée, qui était alors sans vivres et sans ressources. Se voyant exposé au plus graod péril, il s’enferme dans sa tente, y écrivit une lettre, et fit appeler celui de ses officiers en qui il avaitie plus de confiance: Te sens-tu le courage, lui demande l’Empereur, de traverser le camp ennemi, et de porter ma dépêche à St.-Pétersbourg. Connaissant parfaitement la route et les sentiers, il lui assura que la lettre serait rendue exactement. Le monarque , comptant sur l’intelligence de son messager, la lui remit ; elle portait pour adresse : A notre Sénat à Saint-Pétersbourg, Le prince l’embrassa, en ajoutant: Eh bien! va donc a la garde de Dieu. L’officier arriva heureusement à la capitale le neuvième jour de son départ, et présenta sa dépêche en plein sénat. Q)uel fut son étonnement à la lecture qui s’en fit les portes fermées. « Je vous préviens , écrivait le Tzar à l’assemblée, que, trompé par de faux avis, et sans qu’il y ait de ma faute, ie me trouve cerné par une armée beaucoup plus nombreuse que la mienne. Nous sommes tellement dépourvus de tout; que sans une protection particulière de la divine providence, ie ne puis prévoir autre chose que notre entière défaite on notre captivité. S’il arrive que je'sois pris, vous n’aurez plus à me considérer comme votre souverain, et vous ne respecterez rien de ce qui vous serait adressé de ma part, quand bien même vous y reconnaîtriez mon propre.seing, jusqu’à ce que je sois de retour; mais si je péris , et que la nouvelle de ma mort soit confirmée, alors vous choisirez parmi vous celui que vous croirez le plus digne de me succéder. »

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